© Aurélie Poilvet
Merlin prisonnier de Brocéliande

Merlin, l'enchanteur

Merlin a présidé à l’origine des hautes figures, des faits remarquables et des grands symboles de l’aventure arthurienne. Aujourd’hui l’esprit du prisonnier de Brocéliande court le monde et attire les rêveurs des temps enchantés. Ombre étrange, être énigmatique qui incarne sans fin le mystère de l’aventure arthurienne.

Merlin et Arthur, le druide et le roi

Merlin aide Uther Pendragon à séduire Ygraine de Cornouailles : de cette union naît Arthur, le roi providentiel. À peine Excalibur a-t-elle désigné le souverain que Merlin vient le guider. Chef de guerre, barde, médecin, prophète, il maîtrise la pluie, le vent, le feu. Il conseille le roi jusqu’à sa dernière mission, envoyer les chevaliers en quête du Graal, leur aventure ultime. Au Moyen Âge, Merlin n’est jamais désigné comme druide. Je pense que cette notion est importante aujourd’hui, car il y trop de confusions à ce sujet. Mais son rôle auprès d’Arthur reproduit la répartition des pouvoirs entre le druide et roi dans la société celtique ancienne : le roi gouverne, le druide conseille. Merlin jouit d’une absolue liberté de mouvement. Il disparaît dans la forêt, part aider d’autres souverains sans jamais en avertir le roi.

Prophète et magicien

Merlin interprète les signes et lit dans les étoiles. Il devine ce qui est caché, et voit l’avenir comme le passé. Ses pouvoirs le conduisent parfois à rire des apparences, d’un rire incompréhensible au commun des mortels. Merlin connaît l’usage de la magie et l’enseigne. Ses élèves magiciennes sont toutes des femmes, dont Morgane et Viviane.

Métamorphoses de Merlin

Beau et laid, jeune et vieux, sage et fol, Merlin surprend toujours par l’extrême variété des aspects qu’il adopte : vieillard, harpeur aveugle, page élégant, bouvier sauvage, bûcheron. Ou encore cerf au blanc pied, le cerf qui guide les humains à travers les portes de l’Autre Monde.

Le sauvage de la forêt

Merlin parle le langage des animaux et chevauche même à la tête d’une armée de cerfs. À Brocéliande, on le devine derrière le maître des taureaux furieux. Les forêts restent le lieu où Merlin se réfugie pour redevenir lui-même après la folie des hommes. Il vit comme animal, se nourrissant des fruits des bois et de l’eau des sources. Il tire de cette osmose avec la nature sa force et son pouvoir prophétique.
Lorsque Merlin livre à Viviane le secret qui va le faire prisonnier, il connaît les pensées de la fée des eaux. Il sait depuis longtemps son propre destin : vivre son éternité auprès de sa bien-aimée, au cœur de la forêt de Brocéliande.

Texte rédigé par Claudine GLOT, Centre de l’imaginaire Arthurien (CIA)