© Emmanuel Berthier
Le château de Trécesson Merveille architecturale aux légendes obscures

Le Château de Trécesson

Le visiteur qui se dirige de Campénéac vers Paimpont découvre, en contrebas sur sa droite, d’imposantes toitures. À l’angle du chemin, un petit calvaire, puis une belle ferme, une haute muraille et apparaît, droit venu du 15ème siècle, le plus beau château de Brocéliande, qui nous rappelle que l’Ecosse n’a pas le privilège des fantômes…

 

LE CHÂTEAU DES ESPRITS

Ceinturé par le miroir d’eau de ses douves, Trécesson attire étrangement les revenants entre ses murs de schiste rouge. Le château est bâti au pied des Buttes de Tiot qui cachent, sous leur couverture d’ajoncs et de bruyères, des tombes de la préhistoire : est-ce pour cela que les esprits des trépassés lui sont familiers ? À sa façon, Trécesson proclame, comme tout à Brocéliande, que la frontière entre ce monde-ci et l’Autre n’est pas infranchissable. Elle s’efface en certains lieux privilégiés, comme cette belle demeure entourée d’eau, si semblable aux châteaux des quêtes chevaleresques.

LA MARIÉE DE TRÉCESSON

Dans la nuit, près des fossés de Trécesson, un carrosse noir s’arrête et deux hommes en descendent. Armés de pelles et de pioches, ils creusent en silence une fosse profonde. Puis ils tirent de la voiture une jeune femme en robe de mariée, aussi pâle que le satin de sa robe. Elle ne supplie ni ne pleure, et ne se débat même pas lorsque ses bourreaux la couchent dans la tombe, la recouvrant prestement de terre. Puis ils s’enfoncent dans l’obscurité, au grand galop de leurs chevaux. Un braconnier a vu la scène et finit par trouver le courage d’alerter les gens de Trécesson. Malgré leur hâte à secourir la malheureuse, elle respire à peine lorsqu’ils la libèrent de sa prison de glaise, et dans la lumière du petit matin, elle rend l’âme sans un mot. Son pâle fantôme revient parfois flotter sur les eaux, encore vêtu de sa robe de mariée. Personne n’a pu découvrir son nom, ni la raison de son supplice.

LES AMOUREUX DU TEMPS DES CROISADES

La jeune revenante n’est pas seule dans son voyage entre les mondes. Là où s’élevait l’ancienne entrée du château, les ombres d’un cadet de Trécesson contraint par son père de partir à la croisade et de sa bien-aimée marchent côte à côte. Sans fin, ils se redisent adieu. Il périt en Terre sainte, elle mourut de chagrin en apprenant sa mort, mais, si éloignées que soient leurs tombes, leurs esprits cheminent d’un même pas au bord de la forêt enchantée.

LA PARTIE DE CARTES FANTÔME

À Trécesson encore, voici bientôt trois siècles, des jurons, des cris, des coups ébranlaient pendant des nuits entières les murailles d’une des chambres. Au château, personne n’osait s’y risquer. Chacun claquait des dents dans sa chambre, et les domestiques se terraient autour des cheminées : quelle meilleure arme qu’un tisonnier rougi contre ceux qui sortent de l’enfer pour tourmenter les pauvres vivants ? Un invité téméraire s’engagea enfin à y dormir du soir au matin. Tout semblait normal. Mais au milieu de la nuit, réveillé par des cris, il vit devant lui deux joueurs de cartes qui se disputaient violemment un énorme tas de pièces d’or, enjeu de leur partie. Le visiteur, d’un coup de pistolet mit fin à la dispute des deux adversaires qui rejouaient chaque nuit la partie de cartes qui leur avait été fatale. Tout disparut, sauf les pièces d’or. Le calme revint ; enfin, presque car le courageux visiteur s’avisa de réclamer l’or qu’il estimait avoir mérité. Le seigneur de Trécesson refusa, l’or était sien, puisque trouvé entre ses murs. La querelle se termina en un procès auquel les fantômes se gardèrent bien de venir témoigner.

PARFUM DU TEMPS JADIS

En contemplant le château depuis le chemin de randonnée qui longe la digue, on peut chercher à situer le boudoir des dames de Trécesson. Là elles se paraient pour les fêtes et les bals. Poudre, rouge, mouches de velours noir et eaux de senteur… leur parfum exquis est encore si présent dans la pièce que les abeilles entrant par la croisée ouverte en meurent de plaisir.
On peut ensuite entreprendre, si on le souhaite, la belle promenade qui mène à la chapelle Saint-Jean, deux kilomètres plus haut, et ne pas oublier de soigner sa soif et son mal de dents à l’eau fraîche de la fontaine Saint Apolline.

Texte rédigé par Claudine GLOT, Centre de l’imaginaire Arthurien

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