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L'Hôtié de Viviane ou tombeau des druides?

L'Hôtié de Viviane

Hôtié de Viviane ou « Tombeau des Druides » ? Le monument s’élève sur les hauteurs qui dominent, à l’est, le Val sans retour. Il a, tour à tour, porté ces deux noms ; mais aujourd’hui la fée l’emporte sur les sages des temps celtiques. Question de charme féminin ? Ou parce qu’une maison, « un hôtié » en gallo, c’est plus gai qu’un tombeau ?

LA MAISON DE VIVIANE

Disons-le tout net, on n’a jamais retrouvé ici le moindre fragment d’une couronne étoilée, d’un miroir de cristal, un peigne d’or. Quelques perles, certes, galets bariolés, parures de paysanne pauvre. Tout cela bien trop simple pour une fée. Viviane venait ici, au cours de ses errances dans la forêt. La déesse Diane l’avait condamnée à ne jamais quitter ces bois, sauf à trois reprises. Alors la fée arpentait son domaine et du haut de cette crête, elle pouvait embrasser la forêt et les landes d’un seul regard. Et y attendre l’amour et le rêve, le vent de la liberté.

Le tombeau des druides

Les chercheurs et les curieux se penchèrent au 19e siècle sur Brocéliande et ses mystères. La mode était aux racines gauloises et celtiques de la France. Et cet attrait était plus grand encore en Bretagne. Certains voyaient, il faut le dire, des Celtes partout. Les techniques de datation étaient bien loin de voir le jour. Toutes ces architectures frustes, indéniablement très antiques, furent donc attribuées aux Celtes, aux Gaulois, aux druides. Aujourd’hui la science a parlé, mais pour certains, le rêve continue, un peu modifié. Les Druides, ceux de l’Antiquité, n’ont pas bâti ces monuments, érigés avant eux par les derniers hommes préhistoriques, mais, nous affirme-t-on, ils les auraient utilisés pour leurs cérémonies. Qui le prouvera ?

Le dragon dort dans les environs..

Ceux qui arrivent par le chemin venant de la Touche Guérin doivent franchir une crête rocheuse avant de parvenir à l’Hôtié. S’ils savent voir la légende derrière la réalité (don que l’on développe rapidement en Brocéliande), ils reconnaîtront sans peine la forme de ce relief… un dos de dragon, à l’évidence ! Un dragon qui dort là depuis des éternités, et que le piétinement des marcheurs ne dérange même pas. Enfin… jusqu’à quand ? On dit aussi que si l’on pose le pied à un endroit précis de son échine, le monstre fabuleux s’éveillera et alors… Si l’on s’éloigne de l’Hôtié vers la droite, en grimpant sur quelques centaines de mètres, les griffes d’un autre monstre enfoui s’élèvent vers le ciel. Il faut y grimper. La patte pétrifiée du saurien vous offre une des deux plus belles vues de la forêt…

Et le lutin n’est pas bien loin!

Les puristes prétendent qu’une variété spécifique de lutins bretons, les korandons, habitués des dolmens, ont élu domicile au Jardin des Moines et à l’Hôtié de Viviane. Félix Bellamy, le plus grand connaisseur de Brocéliande de la fin du 19ème siècle, était formel : « Là surtout demeurent les Korrigans qui dansent sur les tertres, la nuit, au clair de lune, autour des pierres levées ; ils chantent des paroles que nul n’a pu comprendre… »

Des hauteurs sacrées

Après les ravages de l’incendie de 1990, les roches dénudées en contrebas de l’Hôtié de Viviane, ont livré une belle surprise. Un dolmen est apparu, reconnaissable malgré ses supports – les orthostats – écroulés. Les pierres, protégées par l’humus et la végétation avaient encore une teinte pourpre profond. La crête était donc un lieu consacré aux défunts. Des millénaires plus tard, on la dédia aux fées, avec une certaine continuité de pensée : on restait bien là dans le monde des esprits.

Texte rédigé par Claudine GLOT, Centre de l’imaginaire Arthurien (CIA)

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