© Emilie Normand
Le jardin aux moines la colère des Dieux

Le jardin aux moines

Brocéliande, des mégalithes de légendes, des légendes autour des mégalithes… Dolmens, menhirs, allées couvertes, coffres de pierre parsèment le territoire de Brocéliande. Chacun a été investi d’une histoire, d’une légende, d’une tradition, avant que la science ne nous révèle leurs autres secrets, tout aussi fascinants.

BEAUCOUP DE QUESTIONS !

Un des monuments les plus curieux de la forêt se dresse sur la lande du Cerisier, que se partagent les communes de Tréhorenteuc et de Néant-sur-Yvel. Un long quadrilatère, une forme rare en Bretagne : les archéologues savent qu’il a été plusieurs fois modifié. Un temps, il servit de tombe, mais était-ce sa destination première ? Il a resurgi des broussailles qui l’avaient englouti lors des fouilles menées dans les années 1980, mais ses légendes n’avaient pas disparu. La première ? Des moines un peu paillards, un peu (trop) buveurs, pétrifiés sur place par un Dieu, courroucé. Une affaire somme toute assez classique !

LA CHASSE MAUDITE

La seconde ? Aux temps où saint Méen dirigeait son abbaye, le seigneur Gastern régnait sur Tréhorenteuc et ses environs. On aurait difficilement trouvé plus cruel, plus jouisseur, plus impie et plus violent que lui. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il était entouré d’une bande de soudards aux mœurs tout aussi sordides. Le neveu de Gastern, moine auprès de saint Méen, tentait d’apporter un peu de lumière dans tant de noirceur. Son oncle ne faisait que se moquer de ses efforts. Mais lorsque le jeune homme le supplia d’assister aux vêpres de la Toussaint à Tréhorenteuc, Gastern partit d’un grand rugissement de colère. « Je n’irai pas chanter parmi tes moinillons, hurla-t-il, je ne m’inclinerai pas devant ta croix. Comme mes ancêtres, je suis la terreur de ceux qui vivent sur mes terres ; demain je chasserai ! Malheur aux hommes, aux femmes et à tout gibier qui croisera mon chemin. Chante pour moi si tu veux, et prie ton dieu, si faible ! »

LA MALÉDICTION DU MÉCRÉANT

Tout le jour de Toussaint, les crêtes et les vallées, les landes et les bois retentirent de l’aboiement des chiens. Depuis Tréhorenteuc, on entendait sonner les trompes, hurler les hommes et hennir les chevaux. Mais lorsque les paroissiens sortirent des vêpres, un profond silence accablait les landes et la forêt. Et nulle lumière ne brillait plus derrière les fenêtres du manoir. La nuit avait fini par voiler les crêtes, d’ombres et de brumes épaisses. La chasse n’était pas rentrée.

DU COURAGE !

Il fallut bien du courage aux paysans pour grimper sur la colline, armés de fourches, de haches et de torches de poix. Sur la partie de la lande où des hommes, depuis longtemps oubliés, avaient enseveli leurs morts, ils hésitèrent. Qui oserait s’aventurer là pendant la nuit de tous les esprits ? Sûrement des fantômes les guettaient et, peut-être, pire encore. Le curé, craignant le souffle des dieux anciens, ranima l’ardeur de ses troupes. Ils n’eurent pas à marcher longtemps. Là où ils avaient entendu la chasse pour la dernière fois, parmi les ajoncs et les bouleaux, s’élevaient désormais un grand rectangle de pierres rouges et blanches. Elles brillaient faiblement sous la lune, quelques-unes ruisselaient d’humidité : brume du soir ou larmes des maudits ? Tous avaient compris le drame : le courroux du ciel avait frappé la chasse entière : chiens, chevaux, hommes étaient là, pétrifiés pour l’éternité »…

Texte rédigé par Claudine GLOT, Centre de l’imaginaire Arthurien (CIA)

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Mél : contact@broceliande-vacances.com

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